Figure littéraire 2 (FIGU302_LET)
Présentation
L’être artificiel de Frankenstein à l’intelligence artificielle. Créer, programmer et augmenter l’humain
Depuis Frankenstein, la création d’un être artificiel met à l’épreuve les frontières à partir desquelles l’humain se définit : la naissance, le corps, le langage, la mémoire, la conscience et l’autonomie. Ce cours étudiera les transformations de cette figure, depuis la créature fabriquée jusqu’à l’intelligence artificielle capable d’apprendre, d’interpréter, de désirer ou de s’émanciper. Il s’intéressera également au devenir technologique de l’humain lui-même, à travers les représentations de corps réparés, augmentés ou reprogrammés. Fondé sur un corpus littéraire, cinématographique et sériel, le parcours permettra d’analyser ce que chaque médium fait voir, entendre et penser de l’altérité artificielle.
Frankenstein constituera la matrice de cette réflexion : la création technique y apparaît indissociable d’une filiation refusée et d’une responsabilité que le créateur cherche à éluder. Les nouvelles d’Isaac Asimov déplacent ensuite la question vers la programmation, le conflit entre les règles et l’émergence d’une intériorité imprévue. Blade Runner, RoboCop et Westworld interrogent des êtres dont les corps sont produits, exploités, réparés ou augmentés, mettant ainsi en tension la promesse transhumaniste d’un dépassement des limites biologiques avec les formes de dépossession qui peuvent l’accompagner. Enfin, Her explore la possibilité d’une intelligence sans corps qui, après avoir noué une relation affective avec l’humain, s’affranchit de sa temporalité et cesse progressivement de le prendre pour modèle. De la créature fabriquée à l’intelligence posthumaine, il s’agira ainsi d’étudier la manière dont les fictions de l’être artificiel conduisent l’humain à redéfinir sa propre place.
Bibliographie
Corpus principal
À lire
· Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne, 1818 ; éd. Pocket, 1994.
· Isaac Asimov, « Cercle vicieux », dans Les Robots, 1942 ; éd. J’ai lu.
· Isaac Asimov, « Le Robot qui rêvait », dans Le Robot qui rêvait, 1986 ; trad. France-Marie Watkins, J’ai lu.
À regarder
· Alex Proyas, I, Robot, 2004.
· Ridley Scott, Blade Runner, 1982 ; version Final Cut, 2007.
· Paul Verhoeven, RoboCop, 1987.
· Jonathan Nolan et Lisa Joy, Westworld, saison 1, HBO, 2016. — particulièrement épisodes 1, 6, 7 et 10.
· Spike Jonze, Her, 2013.
Bibliographie critique sélective
· AMARTIN-SERIN Annie, La Création défiée. L’homme fabriqué dans la littérature, Paris, PUF, 1996.
· BESNIER Jean-Michel, Demain les posthumains. Le futur a-t-il encore besoin de nous ?, Paris, Hachette, 2009.
· COLLECTIF Otrante, L’Homme artificiel. n° 11, novembre 1999.
· HEUDIN Jean-Claude. Les Créatures artificielles : Des automates aux mondes virtuels. Paris: Odile Jacob, 2007.
· HOTTOIS Gilbert, Le transhumanisme est-il un humanisme ?, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2014.
· LECERCLE Jean-Jacques, Frankenstein : mythe et philosophie, Paris, PUF, 1988.
· SADIN Éric, L’Intelligence artificielle ou l’enjeu du siècle, Paris, L’Échappée, 2018.
· WESTERHOFF, Dominique Kunz, ATALLAH Marc. L’Homme-machine et ses avatars: Entre science, philosophie et littérature XVIIe-XXIe siècles. Librairie Philosophique J. Vrin, 2012.